3-MMC

3M, Métaphédrone, "la 3"

A quoi ça ressemble?

La 3-MMC (3-méthylméthcathinone) est une cathinone de synthèse (ou « research chemicals »), chimiquement proche de la méphédrone (4-MMC). Elle se présente sous forme de poudre ou cristaux blancs ou légèrement jaunâtres. On peut également retrouver de la 3-MMC sous formes de comprimés.

Mode de consommation

La 3-MMC peut être consommée de plusieurs manières :

  • Sniff : c’est le mode le plus fréquent. Cela peut provoquer des irritations nasales.
  • Ingestion orale : sous la forme de « parachutes » (enveloppé dans un papier), de gélules ou comprimés, ou dilué dans un liquide.
  • Intraveineuse : dissoute dans de l’eau et injectée par voie intraveineuse. C’est le mode qui a le plus de risque en termes d’infection et de surdosage.
  • Fumée : Chauffée et inhalée. Rare.

La durée des effets varie entre 2h et 5h en général, en fonction du mode de consommation : plus court en sniff et (surtout) intraveineuse, plus lent en cas d’ingestion orale. Certains effets (agitation, insomnies) peuvent perdurer jusqu’à 10h.

En termes de dosage :

  • Dose faible : 25-75mg
  • Dose moyenne : 75-150mg
  • Dose forte : 150 et plus

Effets recherchés 

  • Les consommateurs recherchent :
  • Une euphorie intense et une sensation de bien-être
  • Une augmentation de la libido (utilisée dans des pratiques chemsex)
  • Une augmentation de l’énergie, de la sociabilité et de la confiance en soi
  • Une empathie accrue (un peu comme la MDMA)

Risques et effets indésirables

La consommation de 3-MMC comporte des risques et effets indésirables qui peuvent être graves.

A court terme : tachycardie, hypertension artérielle, hyperthermie (surtout si consommé en intérieur), perte d’appétit, anxiété, agitation, paranoïa, attaque de panique, fourmillement dans les jambes, bruxisme (grincement de dents), nausées et vomissements. Dans certains cas, il peut y avoir des hallucinations et un état de confusion (surdosage). Au niveau physique, il faut faire attention à la déshydratation.

A long terme : risques de dommages cardiovasculaires, de troubles psychiatriques persistants (dépression, anxiété, trouble psychotique induit), de dégradation des muqueuses nasale en cas de sniffs répétés (des douleurs peuvent assez vite apparaitre) et de troubles du sommeil.

Risques graves : surdosage, qui peut entraîner une crise cardiaque, un AVC, un « syndrome sérotoninergique » (surtout en cas de traitement antidépresseur ou de mélanges avec d’autres substances comme la psilocybine et la MDMA), défaillance rénale (en cas de rhabdomyolyse) ou hépatique. Il existe un risque de décès en cas de surdose.

Addiction

La 3-MMC possède un fort potentiel addictif. Il s’agit d’une dépendance psychologique qui se manifeste par une forte euphorie liée à la libération par les neurones d’une forte quantité de neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine, noradrénaline) suivie d’une phase de descente (« crash ») se caractérisant par un état presque dépressif, avec une forte envie de reconsommer qui apparait. Il existe une tolérance au produit, avec un besoin d’augmenter les doses afin de « retrouver » un effet similaire aux usages précédents. On observe chez les usagers des phénomènes de « binge » qui consistent en des compulsions de consommations intense durant une certaine période suivie d’une période de sevrage, suivie ensuite d’une nouvelle période de consommation.

Réduire les risques

  • Ne pas consommer seul.e : être accompagné.e d’une personne capable de réagir en cas de besoin
  • Utiliser du matériel propre et à usage unique : paille individuelle, seringues stériles, … que l’on ne partage pas !
  • Tester les substances : il existe des tests à réaliser soi-même, ou bien (encore mieux) faire tester son produit via les associations comme Modus Vivendi.
  • Commencer par une faible et attendre de constater les effets avant éventuellement de reconsommer
  • S’hydrater et bien manger, s’aérer si on est à l’intérieur
  • Eviter les mélanges, surtout avec des produits similaires. Vérifier que son traitement médicamenteux est compatible avec le produit.
  • Faire des pauses dans la consommation
  • Connaitre les signes d’alertes : en cas de douleur thoracique, d’hyperthermie (température corporelle élevée) ou de confusion : appeler le 112 immédiatement.

Que dit la loi ?

En Belgique, la 3-MMC est classée comme substance illicite. Sa vente, sa possession et son usage peuvent donc entraîner des poursuites pénales comme des peines de prisons ou des « transactions immédiates » en cas de petites quantité (amendes).

Au départ, la 3-MMC, comme toute les « research chemicals », NPS, ou soi-disant « legal highs » n’étaient pas réglementées et donc n’étaient techniquement pas interdites, mais l’Europe et la Belgique ou progressivement comblé ce vide juridique.